APOCALYPSE



Je suis un peu abasourdi en relisant ce texte écrit autour de 2010, surpris même de voir à quel point il colle à ce qui se passe actuellement:
Une vision poétique, offrant un support symbolique pointant du doigt le lien entre ce qui se passe tant dans nos profondeurs que dans le monde actuellement.
Une évocation de ce lien subtil et spirituel qui nous relie à la totalité de ce que j'y nomme la mystérieuse trame de la vie...

Ce texte devait au départ offrir une base à un film d'animation qui ne verra finalement jamais le jour...
Fort heureusement, un ami cher, qui se reconnaitra en lisant ces lignes, me proposera de l'inclure dans une oeuvre musicale: Le projet AKASHI venait de naître et son album ovni RÊVolution allait sortir dans la quasi indifférence générale.

Vous pouvez encore le découvrir ou le télécharger via les liens suivants ou en obtenir un exemplaire cd en me contactant:
https://akashi.bandcamp.com/album/r-volution

https://www.deezer.com/en/album/946210

https://www.amazon.fr/gp/product/B004UU0SIA/ref=dm_ws_sp_ps_dp

https://music.apple.com/us/search?term=Akashi%20R%C3%8AVolution

https://open.spotify.com/album/2xGhQ0jSGym3fvoYs3p2RG

Dans tous les cas, je souhaites partager avec vous cet humble texte, en avouant la secrète espérance qu'il puisse faire résonner, outre les apparences d'une réalité, une issue à l'instar de son épilogue :
Lumineuse et semeuse de conscience.
Du fonds du coeur.

L.V


APOCALYPSE 



Acte 1 : Le mensonge

« Il est temps, l’heure est propice…
Propice à l’humanité…

Une ère nouvelle s’offre au vieil Adam, à la vieille Ève, une ère de croissance globale ou il est offert à chacun de réparer « l’erreur originelle », et de renouer avec son potentiel
…
L’heure de réintégrer, l’heure de l’éveil de la mémoire.
Où, quand, comment ?
Il est temps, temps de renaître, temps de se souvenir…
Et tout est là pour cela, ici, maintenant comme jamais auparavant.
Et tout est là, pour celui qui s’ouvrira sans peur, curieux comme un enfant…

C’est l’heure de vérité qui, tel une clé ouvrira la porte de l’indépendance menant vers le lumineux jardin de la liberté… »


C’était bien vrai, le réveil bio cosmique avait sonné, une nouvelle ère s’offrait aux hommes, une ère spirituelle. Une ère de rencontre avec leur part inconnue. Mais l’heure de vérité fut d’abord souillée par le mensonge:
Aussi vraie que la liberté éloigne la peur, la peur éloigne la liberté.

Et cela, le monstre des autorités gouvernementales globales le savait bien !

Telle la glaise du Golem, la peur des hommes l’avait modelé, lentement progressivement, années après années, siècles après siècles, il devint si puissant que les hommes oublièrent qu’ils l’avaient eux-mêmes enfantés…
... 
Il devint si puissant…

Un dieu matériel, avide et affamé bombardant le cortex de ses enfants géniteurs de l’effrayante manne même qui le constitue.
Il devint si puissant…


L’intelligente créature voyant poindre le temps de sa chute, à l’aube de l’ère neuve ou l’homme cesserait de la nourrir, dans un ultime sursaut se mit à créer de nouvelles lois, de nouveaux dogmes.


Il devint si puissant que les vérités devinrent mensonges et les mensonges devinrent vérités.


C’est ainsi que caché tranquillement derrière le masque du protecteur la bête inocula son virus mortel, contaminant progressivement chaque veine du système politique, médiatique, éducatif, sanitaire, social…


Le vrai loup par la ruse devint faux berger.


En tout points du globe l’annonce éclata comme une bombe :

«  l’air de la planète va devenir irrespirable… ! »...


Acte 2 : La bête

...Ces mots résonnèrent sur tous les continents, vomis par toutes les enceintes de la planète, défilant sur chaque écrans, polluant en toutes langues l'encre des journaux.

En une poussière de jours le poison fit son office et le grand sauveur, la malice dans l’œil, offrit son indispensable protection en imposant aux populations de magnifique scaphandres arborant le logo G.O: Globale Oxygène : société tentaculaire détentrice du monopole mondial de la fourniture d’oxygène, vendant le précieux gaz à prix d’or à tout homme souhaitant survivre au félon fléau.

Quelle ironie!
Des scaphandres autonomes asphyxiant l’autonomie.


Le vice viciant l'air, en une inspiration les deux tiers des terriens passèrent
de l'état de vivants à celui de survivants.


Il en avait fallu de la patience, il en avait fallut du temps...
...des millions d'années...
Millions d’années d’évolution durant lesquelles l’enfant homme marcha, se cherchant dans le désert des doutes, s'enlisant dans le marais des conflits, se créant par crainte des croyances dans l’obscure forêt de ses ombres, avançant néanmoins, toujours plus proche de lui même.


Comme il avait grandit! 
Adolescent, le cœur emplit d’espoir ses doigts frêles s’apprêtèrent à toucher le ciel... 


...il chut et redevint foetus.


Relié à un cordon ombilical, coupé de lui même, troquant son Ame contre une illusion, coupé de la terre sa mère nourricière, il ne reconnu son propre père et devint orphelin abandonnant son rayonnant destin à la créature monstrueuse que la partie la plus éloignée de lui-même avait crée.


Ce fut l’heure de la grande scission...


Acte 3 : La grande scission

... Coup de lame acérés sur les hommes, 
tranchant les liens entre les peuples, les tribus, les clans, les familles même.

Nul ne fut épargné, obéir, subir, combattre, que faire ?


Dans le brouhaha de la peur il devint difficile d'écouter son coeur.


Les habitants refusant l'enscaphandrement choisirent l’exil et quittèrent les villes.


Certains décidèrent de lutter sans se rendre compte un instant qu’ils perpétueraient le sempiternel et illusoire combat du bien contre le mal.


Ils ne se souvenaient pas encore… 


… Ils choisirent leur camp, tel Don Quichotte assaillant les moulins ils affrontèrent leur propre reflet tronqué par la rassurante certitude d'appartenir au reste libre de la majorité,
la rassurante certitude d'appartenir au clan des justes.


Ils choisirent un plateau de la balance sans se rendre compte qu'ils projetaient sur l'autre le poids de leur jugement.


Ils ne se souvenaient pas encore...


Se heurtant au fruit collectif de la plus sombre partie de leur être, ils nourrirent la bête. 

Repue elle resserrera en souriant sa pénible étreinte.


Ils ne se souvenaient pas encore…


Sous le joug de la peur ils jugèrent leur frères enfermés,
ils jugeaient,
les traitants de lâches parce qu'ils ne portaient ni armes ni ne seraient les dents.


Ils ne savaient pas encore...



Acte 4 : Unité

...D’autres savaient...

Ils ne savaient pas d’où mais tout était comme si chaque cellule de leur corps s’était rappelé,
éveillée d’un antique sommeil, programmé par le plus grand mystère.


Ils se souvinrent du mot oublié : unité.


Ils ne choisirent comme camp que leur si humble et si vaste humanité.

En une expiration, ils se retrouvèrent, lié à leur planète, à leur frères humains, à l’univers, à eux même…

Impossible de l’expliquer mais ils savaient,
faisant l’expérience directe, l’expérience mystique qui mène non plus au savoir mais à la connaissance :
la renaissance, la co-naissance.


Sans scaphandre, à nouveau réunis tels des enfants, acceptant de franchir le mystérieux seuil de l’imprévisible, reconnaissants de reconnaitre leurs parents, ils se reconnurent.

Et ils comprirent enfin que le fin liens les unissant à l’un les reliait également aux autres…


Le juge… mentais…


Ce juge qu'ils portaient en eux depuis la création de leur gènes...

...depuis la genèse...


Ils le comprirent...

...Se mirant dans le miroir du monde ils y virent leur propre reflet...


A cet instant, ils comprirent que le jugement qu'ils y projetait les séparaient d’eux même, 
les séparaient du tout.

L'intérieur se vit à l'extérieur et ils comprirent...


Ils firent sécession,
cessant de juger la bête ils cessèrent de la nourrir…


Leur yeux à peine ouverts ne purent retenir des larmes argentées. 

Quelle en était la source?

La joie du souvenir?
La tristesse de l'oubli? 

Ou encore le fluide d'une mystérieuse alchimie ?


Ils se souvenaient...


Etait-ce cela le jugement dernier ?

Cesser de juger, simplement?


Etait-ce donc cela le monstrueux apocalypse décrit par l’antique texte sacré ? 

Ce vieux mythe résonnant tel un fantôme dans l’inconscient de chaque homme…

Ce vieux mythe encré, enraciné dans les méandres de la mémoire collective…

Ce vieux mythe, que la bête avait interprété, en en gavant les hommes jusqu'à l'indigestion, tuant en eux tout espoir comme le ferait une malveillante voyante prédicatrice de désastre.


D'où venaient les hommes? 

La bête en avait gommer les traces, réécrivant l'histoire...


Où allaient-ils ?

La bête avait égorger l'agneau du futur, le sacrifiant sur l'autel du pouvoir.


A quoi bon vivre, a quoi bon penser, à quoi bon créer, à quoi bon rêver, à quoi bon aimer ?...


Lorsque l'espoir meurt comment combler le trou béant du vide autrement qu'avec l'oubli?


Se souvenir...

...
Ne pas oublier...


...Se rappeler...


En cessant de juger ces humains là se souvinrent qu'ils étaient un pont.
Un pont de mémoire entre le passé, source originelle et le futur emplit de myriades de possibles.

Une arche d'alliance entre deux mondes unis que la bête affirmait opposés:

le monde matériel et le monde spirituel.

Une passerelle entre hier et demain, un infini présent marquant la fin du temps,
un infini présent marquant la fin des temps:

L'apocalypse...



La fleur sacrée attendant les hommes...

Patiemment depuis la nuit des temps...

Tapie dans leur coeur...

Dans l'infinité de l'instant.:
L'âge d'or, c'est ici et maintenant.


Acte 5 : Les trésors de l'ombre
 
... L'heure était venue,
 où ils reconnurent leurs propres ombres, origines de la bête.

Les accueillants en leur sein avec l'amour qu'une très sainte mère porte à ses enfants,

les pansants, les soignants découvrant derrière le rideau de leur crasse les trésors de sagesse les plus mirobolants.


Ils n'avaient pas pour autant oubliés les autres:
 enscaphandrés, ou guerriers.
Bon nombre avaient péris, asphyxiés pour la plupart, dévorés, écrasés, décapités, torturés, sacrifiés...


Sentant l'hallali proche la sombre créature lâcha ses dernières forces.


Ils ne les avaient pas oubliés...

Reliés à leurs frères par le coeur depuis l'éternité, reliés secrètement à la grande trame de la vie, 
ils leurs permirent de se libérer.


Elevant patiemment leur conscience individuelle, ils élevèrent la conscience collective.


Il n'avaient pas non plus oubliés tous les être, 
tous les règnes qui depuis la grande origine avaient foulés cette terre.
Dans le secret de leur cellule au delà du temps, tous sourirent sereinement.


Affamé, acculée, ici maintenant, la bête chut et perdit tout son temps.
Jetant autour d'elle un dernier regard angoissé elle y vit ses parents:
Ils la reconnurent, l'enlacèrent d'un amour si grand... 


Elle versa une larme et se changea en enfant.


Eux enfin adultes se redressèrent et purent nourrir le monde de leur rêves:

Les cabanes bancales étaient devenues de grands architectes prêts à unir sagesse et science,
prêts à rebâtir avec patience.

Prêts à rebâtir avec conscience.


L.V

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